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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 12:57

L’arrivée

Changement d’ambiance…

Dès la sortie de l’avion, une chaleur humide nous a transpercés et nous nous sommes retrouvés tout moites à remplir nos papiers officiels avant d’aller acquitter notre visa de séjour. C’était d’ailleurs la première fois qu’on signait un bordereau de carte bleu de plus d’un million! Heureusement pour nous, la somme était en roupies et 1€ correspond environ à 12000 roupies. Il ne faut pas s’y perdre dans les zéros mais au final, la vie ici n’est vraiment pas chère ! Les formalités accomplies, nous avons rejoint la sortie où de nombreux chauffeurs balinais attendaient les touristes fraichement débarqués munis de pancartes à leur nom. Un des écriteaux indiquait « Mrs Jocelyne ». Notre chauffeur s’appelait Wayan. On s’est aperçu par la suite (après avoir croisé notre troisième Wayan et notre deuxième Kadek) que de nombreux balinais, fille ou garçon, portaient le même prénom, celui-ci indiquant avant tout le numéro dans la fratrie. Ainsi Wayan est l’ainé, Kadek le second, le troisième s’appelant souvent Nyoman. Il y a quelques variantes car les parents ont le choix entre trois prénoms par rang mais on retrouve le plus souvent ces trois là! Peu de place pour l’originalité !

 

Wayan nous a donc conduit jusqu’à sa voiture, s’étonnant du nombre de bagages qu’on avait. On ne lui a pas dit que la grande majorité de leur contenu (matériel de camping, polaires et coupe-vent) nous serait totalement inutile ici et on l’a laissé bourrer nos sacs avec difficultés dans le coffre. Dès le démarrage, on a été surpris par le nombre de mobylettes qui circulaient dans tous les sens avec deux, voire trois personnes dessus (parfois quatre avec des enfants). En fait, il faut être soit taxi soit très riche pour posséder sa voiture (et encore, certains chauffeurs de taxi se partagent la même voiture). La plus part des gens se déplacent donc en petite pétrolette ce qui fait beaucoup de monde à deux roues et beaucoup de coup de klaxon !

 

Il était tard, ce samedi soir, et les jeunes allaient sans doute faire la fête à Kuta, une grande station balnéaire réputée pour ses boites de nuit et ses vagues qui attirent les surfeurs australiens. D’ailleurs, surfeurs ou pas, l’immense majorité des australiens qui vient à Bali se cantonnent à Kuta et ses environs. C’est pourquoi nous avons choisi de fuir les hordes de touristes (ratant peut-être aussi les jolies plages du sud mais bon, il faut bien faire des choix !) et d’aller directement à Ubud, petit village situé à une quarantaine de kilomètres de là, où nous avions réservé une chambre, à un prix modique, sur internet.

 

Nous sommes arrivés dans un grand parc calme, planté de cocotiers, frangipaniers et bougainvilliers fleuris et on nous a conduit jusqu’à un cottage à deux étages. Notre chambre était au rez-de-chaussée. Wayan a décadenassé les anneaux des deux étroits pans de porte en bois sculpté et on est entré dans une grande chambre décorée de tableaux balinais et meublée de lits à baldaquin entourés de moustiquaires. De larges baies vitrées laissaient apercevoir le salon en gros bambous de la terrasse juste devant un carré de rizière et pas très loin d’une grande piscine. Zen ! Il se faisait très tard et nous avions trois heures de décalage horaire à récupérer. Nous avons mis un peu la clim’ pour rafraichir l’air ambiant (normalement, on n’est pas pour mais à Bali, ça a son utilité !) et nous nous sommes écroulés de fatigue dans notre lit douillet.

 

Le matin, on nous a servi un petit déjeuner devant la piscine. Au menu, salade de fruits (ananas, papaye, banane), œufs brouillés et toasts, pudding de riz noir au lait de coco (bizarre mais pas mauvais). Le hic, c’est que les hôtels servent quasiment tous le même petit-déjeuner. Le premier jour, on a trouvé ça super mais au bout de quinze jours, on en avait un peu assez des sempiternelles tranches de banane, du pain mou, du beurre rance et de la gelée chimique qui était servie en guise de confiture. C’est vrai que côté nourriture, après six mois de voyage, on sera quand même contents de mordre dans un morceau de baguette et de pouvoir étaler de la bonne confiture de vrais fruits dessus (ça fait franchouillard mais j'assume!).

 

 

Ubud

Ubud est un village animé. Il y a d’abord le marché qui a lieu tous les jours en plein centre et où on se doit de marchander. Les balinais sont en général assez gentils et négocient avec le sourire, rien à voir avec certains vendeurs énervés et agressifs de la place djam el fna à Marrackech dont je gardais un très mauvais souvenir. Ici, c’est plus cool et même si après avoir acheté quelque chose, le stand d’à côté le propose moins cher, les prix sont de toutes façons super bas. « I give you good price!» En fait, le prix que l’on paye correspond surtout à ce qu’on est prêt à y mettre. On s’est donc tout de suite acheté des sarongs, longues pièces de tissus qu’on se noue à la taille en jupe, vêtement indispensable pour aller visiter les temples hindouistes, et de jolies tongs à paillettes qu’Iris n’a plus voulu quitter.

 

Ce qui est agaçant par contre, c’est les nombreux chauffeurs de taxi qui abordent les touristes tous les trois mètres. « Taxi ?», la première fois, on répond « no, thanks» avec le sourire ou « Tidak, Terima kasih » (variante balinaise); mais au vingtième « Taxi? » en cinq minutes, on hoche la tête sans même regarder l’auteur de la question. Et si par hasard on en cherchait un, il y a intérêt à bien négocier le prix de la course avant de monter dedans car les tarifs fluctuent du simple au triple.

 

 

 

En face du marché se trouve un café au joli nom de « Rendezvousdoux ». Comme on s’y attend, le patron, Thierry, est un français et s’est installé ici depuis un an, mais le véritable intérêt du lieu c’est que le café est également une librairie pour étrangers. On y trouve donc beaucoup de livres en français mais aussi en anglais, allemand, danois etc… On a donc sauté sur l’occasion pour revendre notre stock et s’en reconstituer un nouveau. C’était le bonheur pour toute la famille de se replonger dans de nouveaux livres (en français) et revenus à notre hôtel, on s’est ménagés de longs moments de lecture dévorant chacun notre histoire entre deux plouf dans la piscine pour se rafraîchir. On est devenus des habitués du café français qui constituait le lieu idéal (et climatisé) pour se reposer de l’agitation de la ville et siroter un lassi en feuilletant des guides de voyage. Petit coup d’œil au Routard qui est parfois mieux fait que le Lonely Planet !

 

Bien qu’Ubud ne soit pas immense, il y a pas mal de choses à faire. On a visité le Neka, un musée d’art balinais qui vaut autant pour sa collection que pour le lieu où elle s’expose. Un autre jour, on a voulu aller à pied, depuis notre hôtel, à la Monkey Forest , une forêt peuplée (comme son nom l’indique) de petits singes. Le Lonely indiquait une boucle qui passait à côté de notre hôtel et on s’est dit que ce serait sympa de passer à travers les rizières et les bananiers. Au départ, c’était effectivement joli mais on a vite déchanté quand on s’est enfoncé dans une jungle de bambous boueuse et que le sentier qu’on suivait s’est perdu dans de hautes herbes. La petite promenade sympa s’est transformée en crapahutage sportif en tongs dans la gadoue! Quand on a enfin retrouvé notre chemin, on était tout mouillé de sueur et constellés de piqures de moustiques, pas mécontents d’arriver enfin à cette forêt de petits macaques !

 

 

 

Ubud, c’est aussi une ville culturelle. On peut y voir de nombreux spectacles accompagnés par des orchestres de gamelans, sorte de métallophones au son aigu sur lequel les joueurs tapent en rythme avec de petits marteaux en fer. Sur ces percussions s’élève souvent une petite mélodie lancinante et légère à la flute. C’est assez joli et on se laisse bercer par la musique.

 

Ces orchestres peuvent jouer pour les théâtres d’ombres, grande toile blanche tendue, derrière laquelle tremblote la flamme d’une bougie. Des marionnettes en papier ciselé gesticulent en racontant des histoires de monstres maléfiques et de princes courageux aux pouvoirs magiques qui se bagarrent pour sauver leur royaume. Si je peux vous en dire autant, c’est qu’avant le début de la séance, la trame du récit est expliquée en anglais. Sinon, une heure de balinais non stop, ce serait un peu dur ! C’est sympa et l’ambiance créée par la lumière tamisée est un peu magique.

 

Autre spectacle, les danses balinaises. De jolies danseuses revêtent des robes aux couleurs vives ornées de dorures et se déhanchent au son des gamelans. En fait, tout est surtout dans le positionnement des mains et des yeux. Les doigts tendus s’entrechoquent tandis que le regard se déplace rapidement de droite à gauche. C’est parfois un peu statique mais ça a son charme. Toujours sur la jolie musique aigüe!

 

 

 

On a eu la chance d’être là juste pendant la cérémonie annuelle d’un temple d’Ubud. Il y a donc eu quatre jours de processions colorées dans les rues et de spectacles en tout genre : danses, marionnettes et même numéro comique (mais l’humour est difficile à saisir quand les blagues sont en balinais !). Pendant ces fêtes, les hommes étaient tout de blanc vêtu, chemise, sarong et bandeau noué sur la tête. Les femmes avaient de beaux sarongs dorés, une chemise de couleur en dentelle sur un bustier et portaient sur leur tête de hautes corbeilles remplies de fruits et de gâteaux qu’elles déposaient dans le temple comme offrande aux dieux. Les hindous se déplacent en masse pour venir vénérer leurs dieux et l’ambiance est très sympa.

 

Un jour, nous avons loué les services d’un chauffeur de taxi, Kadek, pour nous emmener au mont Batung, un volcan qui s’élève au dessus du lac du même nom, au nord de l’île. Nous avons fait une petite pause pour admirer les rizières en terrasse, et nous nous sommes arrêtés, sur la route, à un temple important pour les hindouistes, le Pura Tirta Empul, car des sources, auxquelles ils prêtent certains pouvoirs miraculeux, y jaillissent. C’est un peu un Lourdes balinais ! Comme dans tous les temples, on y trouve des pagodes à plusieurs toits, qu’ils appellent ici « Meru » décorées de sculptures. Les hindous déposent en priant sur des autels de petits bols en palme de cocotiers tressée contenants des pétales de fleurs, d’un petit gâteau et un bâton d’encens fumant qui parfume le lieu et le rend encore plus mystique. Dans ce temple, il y a également un bassin où femmes et hommes rentrent tout habillés pour se purifier.

 

 

 

Kadek nous a ensuite conduits jusqu’au mont Batung dont les pentes sont recouvertes par la lave visqueuse de la dernière éruption, en 1999. Malgré tout, les hommes replantent de petits carrés de rizières en bordure du lac. Ici, il y a peu de touristes, les habitants sont pauvres et les petits villages de paysans sont souvent délabrés. On a longé le lac jusqu’au bout de la route où se trouvait un autre joli petit temple adossé à la montagne. Au retour, nous avons visité « Goa Gajah », un autre temple réputé pour sa petite grotte. On y rentre par la bouche d’un démon sculpté. Bien qu’apparemment touristique, le site n’est pas terrible. Il descend à une petite rivière d’où on a rejoint, un peu guidé par un gamin du coin pour éviter de se perdre à nouveau dans la forêt, un autre endroit bien plus intéressant, le « Yeh Pulu », une grande paroi rocheuse sculptée de 25m qui représente des scènes de la vie quotidienne et qui fait face à de superbes rizières.

 

 

 

Après une semaine à Ubud, on a décidé de partir à la mer. On a donc négocié avec l’hôtel, qu’un de leur chauffeur nous dépose d’abord à Amed, petit village de l’est de l’île, vienne nous rechercher quelques jours après puis nous emmène à Permuteran, autre spot au nord et enfin nous ramène à Ubud pour le nouvel an. L’homme, un autre Wayan, est venu nous voir, officiellement, pour nous montrer ce qu’il  avait d’intéressant à voir sur la route, en réalité pour tenter de renégocier le tarif fixé. On a bien senti qu’il était un peu faux mais ça nous arrangeait bien que tous nos trajets soient prévus à l’avance, on a donc laissé courir.

 

 

Amed

Le matin du départ, on est partis légers laissant la quasi-totalité de nos sacs à l’hôtel. Amed est un village de pêcheurs et un spot réputé pour le snorqueling et la plongée. La plage nous a un peu déçus au premier abord car elle était toute petite et pleine de galets volcaniques grisâtres. Par contre dès qu’on a mis nos masques et tubas, on a découvert, dans une eau presque trop chaude, un univers magique rempli de coraux de toutes les formes et de toutes les couleurs où des bancs de poissons aux couleurs vives allaient et venaient. C’était vraiment superbe, même plus varié qu’à Fidji. Même Iris a enfilé un masque et a pu observer avec nous les poissons-papillons, chirurgiens, clown, Moorish idol (comme dans Némo)…une vraie autoroute à poissons ! Marine et Jean-Charles en ont profité pour passer leur brevet de plongée et aller découvrir la beauté des profondeurs. Ils ont même plongé dans l’épave d’un bateau américain, le Liberty, coulé par les japonais lors de la seconde guerre mondiale. C’est une plongée réputée car le rafiot a été colonisé depuis par le corail et les anémones de mer.

 

Lorsque nous sommes arrivés à l’hôtel qu’on avait réservé, on est tombés sur une équipe nonchalante et pas très sympa. La cuisine était infestée de mouches et n’était pas très propre. Par contre, un chemin qui montait dans la colline sous les bougainvilliers, nous a conduits à un joli bungalow traditionnel aux murs faits de bambous tressés et au toit de paille de riz qui avait été romantiquement appelé « honeymoon room ». La terrasse offrait sur la baie un magnifique point de vue pour observer le va et vient des jukungs, de drôle de bateaux de pêche colorés équilibrés par deux balanciers en bambou. L’arrière de la maison s’ouvrait sur une espèce de jardin fleuri fermé par de hauts murs recouverts de galets noirs. C’était en fait la salle de bain ! Un tuyau d’où jaillissait de l’eau froide faisait office de douche et il y avait dans un coin des toilettes sommaires et un lavabo. Ce bungalow aurait été vraiment agréable si on ne s’était pas fait dévorer par les féroces moustiques malgré les grandes moustiquaires qui tombaient au dessus de nos lits et malgré le renfort des nombreux geckos qui attrapaient bruyamment les insectes. De plus, la chaleur était vraiment étouffante. Pourtant, le 25 décembre, à 6h du matin, un coup de tonnerre énorme nous a réveillés en sursaut et une forte pluie de mousson s’est abattue sur la montagne, rafraichissant un peu l’atmosphère. Il était 11h du soir en France, le réveillon de Noël battait son plein et on a eu une petite pensée émue pour vous en regardant tomber la pluie.

 

 

 

Nous, nous avions réveillonné dans un hôtel proche du notre, assis par terre sur des coussins devant la plage et ses jukungs. Il y avait un buffet de spécialités balinaises et pour l’occasion, un petit cochon de lait avait été grillé, empalé sur une grande broche. Les spécialités de l’île sont principalement le nasi goreng : riz frit et petits légumes et le mie goreng, même chose avec des nouilles. A la mer, il y a bien sûr les poissons grillés parfois assaisonnés d’une excellente sauce au gingembre. En général, c’est assez bon. Malgré tout, dix jours de cuisine balinaise avaient eu raison de nos estomacs occidentaux et on a tous fini par être un peu malade !

 

Le dernier matin à Amed, Jean-Charles et moi, nous sommes allés voir le lever du soleil depuis la mer. Nous avons embarqué sur un jukung avec un pêcheur. Le bateau est très étroit et on peut tout juste y tenir à trois. Certains déploient une petite voile triangulaire mais celui-ci avançait grâce à un moteur de mobylette monté sur un grand axe qui faisait tourner une minuscule hélice. Notre petit pêcheur n’a rien attrapé (ça ne pitait pas fort !) mais le spectacle de toutes les embarcations colorées devant le mont Agung, un volcan qui culmine à plus de 3000 m au dessus de la mer, valait le déplacement !

 

 

Permuteran

Notre chauffeur est revenu nous chercher comme prévu et nous a conduits vers le nord de l’île traversant de nombreux villages, bordés de bananiers et de cocotiers. Au bout de deux heures environ, nous avons rejoint la petite station balnéaire de Lovina, au nord de Bali. Il a alors proposé de nous amener dans un restaurant qui d’après lui était très bien. A peine arrivés, on a senti le piège à touristes. Chaque chauffeur dépose ses clients ici et reçoit une commission du restau en contrepartie. Un triste buffet qui ne donnait pas bien envie était proposé ; on a tourné les talons prétextant des maux de ventre, en partie vrais d’ailleurs, mais ça ne lui a pas plu du tout ! La société balinaise est corrompue à tous les niveaux. La police rackette les automobilistes ; dans les attractions touristiques, le vendeur de ticket est près à faire un petit prix s’il ne donne pas les tickets pour se mettre directement la somme dans la poche ; même dans les petits magasins, les caissiers gonflent les prix pour récupérer la différence. Vu le différentiel de niveau de vie, ça peut presque se comprendre même si c’est parfois un peu pénible !

 

Arrivés à Permuteran, on n’avait contacté des hôtels par internet pour connaître leurs tarifs mais on n’avait rien réservé, pensant qu’il y aurait de la place comme partout, c’était une erreur ! Premier hôtel, le chauffeur nous avait suivi à l’accueil et parlait en balinais de telle sorte qu’on ne comprenne pas ce qu’il dise. Il n’y avait plus de chambre familiale mais on nous a présenté des tarifs bien supérieurs à ce qui était indiqué dans notre guide. Dans le deuxième hôtel, même scénario, ils nous ont sortis des tarifs prohibitifs qui étaient deux fois plus élevés que ceux qu’on nous avait indiqués par mail. Etonnant ! On lui a alors demandé de nous emmener dans un centre de plongée qui proposait quelques chambres pas trop chères. Le chauffeur n’était pas très content car il ne connaissait pas l’adresse et ne pouvait donc pas négocier de comm’. Heureusement pour nous, il restait une chambre de disponible. Petite mais proprette avec la clim’, c’était le rêve ! La salle de bain extérieur était super design toute en pierre de lave poncée, très classe…On voudrait la même sans les geckos. Notre chauffeur, qui n’avait pas pu se faire de bénéfices sur notre dos, nous a réclamé plus que conclu initialement prétextant que la journée n’avait pas été rentable pour lui. On a donc du parlementer sèchement et il est parti avec la somme prévue.

 

Permuteran n’était pas vraiment un village. C’était plutôt une suite de resort de luxe le long de la plage. Malheureusement, le jour où nous sommes arrivés, celle-ci était jonchée de détritus ramenés par la mer. Les coraux étaient moins beaux qu’à Amed et l’eau était tellement chaude qu’elle en était trouble, un peu comme les nuages de chaleur qui ondulent sur les routes goudronnées. Pour finir, Iris s’est retrouvée pleine de boutons sur le menton et le cou, à cause, parait-il, de petits planctons urticants qui flottaient à la surface de l’eau. Le chauffeur filou, la plage dégoutante, les boutons, le fait d’être scotché là pour quelques jours sans moyen de transport, ça faisait beaucoup pour une seule journée ! La fin du voyage se faisait sentir et notre séjour à Bali était un peu trop long ! Petit coup de blues…

 

L’endroit n’était pourtant pas si désagréable. Le centre de plongée où nous logions s’occupait également de la sauvegarde des tortues de mer. De petites tortues nageaient dans un bassin avant d’être relâchées dans l’océan et les filles étaient toutes contentes de les regarder. Derrière la chambre, se trouvaient des écuries et nous avons pu faire un tour à cheval dans les environs, un peu dans les montagnes pour moi et le long de la plage, sur de petits chevaux, pour Lucille et Iris, qui se tenaient fièrement dessus. Marine et Jean-Charles sont bien sûr retournés plonger pour voir de nouveaux coraux.

 

Le centre ne faisant pas restaurant, nous avons pris l’habitude d’aller manger des spécialités grecques (ça changeait un peu !) dans l’hôtel d’à côté et de profiter par la même occasion de leur grande et belle piscine (évitant ainsi la plage et ses désagréments). C’est là qu’on a décidé d’enlever les brassards d’Iris pour voir si elle arriverait à flotter. Dix minutes plus tard, elle nageait toute seule. Elle était tellement contente et fière qu’elle a passé son après-midi à nager et à sauter en mettant la tête dans l’eau, chose inimaginable quelques mois auparavant !

 

Retour à Ubud et hôpital de Denpasar

Le retour sur Ubud s’est bien passé malgré la pluie qui s’était mise à tomber sur les montagnes au dessus de Munduk. Munduk est un petit village entouré de rizières en terrasses, de bananiers, de cocotiers et de plantations de caféiers. Les graines de café poussent en grappes sur des arbustes. Quand elles sont mures, elles deviennent rouge vif. Elles sont alors ramassées, grillées et moulues avant de pouvoir être transformées en un bon expresso fumant !

Nous avons ensuite longé deux lacs de montagne et avons fait une petite pause à un joli temple hindouiste et bouddhiste à la fois, le Pura Ulun Danu Bratan, où une haute pagode (Meru) se reflétait dans l’eau du lac. L’arrêt a cependant été bref car il ne faisait vraiment pas beau et moins d’une heure après, nous retrouvions notre joli Melati cottage d’Ubud.

 

Je n’étais pas très en forme mais 31 décembre oblige, nous sommes repartis voir ce qui se passait au centre. A vrai dire pas grand-chose ! Les hindous n’ont pas le même calendrier, notre 31 décembre ne correspond donc pas à la fin de leur année. Ils vendent quand même des pétards et des langues de belle-mère mais c’est à peu près tout. Nous avons été faire un tour au « Rendezvousdoux » pour changer nos livres et nous avons trinqué à la nouvelle année avec Thierry, le patron. C’est là que tout s’est compliqué ! J’ai commencé à être vraiment malade pendant que les filles et Jean-Charles savouraient un canard fumé mais j’ai mis ça sur le compte du verre de punch. Nous étions au « Arie’s Warung », restaurant d’Arie, petit boui boui cité dans tous les grands guides où le patron est un drôle de bonhomme haut en couleurs. La première fois qu’on y avait mangé, il nous avait montré avec fierté l’annotation que Bixente Lizzarazu avait laissé dans un parfait anglais sur son petit livre d’or ! Cette fois-ci, il a pris pitié de moi et a glissé à Jean-Charles des comprimés contre les maux de ventre. La nuit ne m’a pas apportée de repos et le matin suivant, il semblait bien que ça n’était pas une simple gastro et on s’est finalement décidé à appeler un médecin. Il est arrivé au rythme balinais et il a conclut que ça ressemblait fort à une crise d’appendicite. Pas de chance pour la veille de notre départ !

 

Le 1er janvier 2007, je rejoignais donc en ambulance l’hôpital de Denpasar pour me faire opérer de l’appendicite en urgence. L’hôpital était moderne mais j’ai un peu pris peur, malgré tout, quand je me suis aperçue que la jeune anesthésiste que j’avais devant moi ne parlait pas anglais et n’arrivait pas à comprendre les allergies que je pouvais avoir. J’ai donc demandé à téléphoner à notre organisme d’assurance (IMA : Inter Mutuelle Assistance) dans l’espoir de pouvoir être évacuée sur Singapour mais le médecin français que j’ai eu a été formel, ce genre de chose n’attendait pas. Je me suis donc résignée et j’ai rejoint la salle des urgences où les lits étaient séparés les uns des autres par des sortes de rideaux de douche vert pâle. L’équipe soignante qui s’est relayée à mon chevet était très gentille. Le seul problème, c’est qu’il n’y en avait pas un qui parlait mieux anglais que les autres et la communication était dure. Ils m’ont fait signer tout un tas de papiers car chaque fois qu’ils injectent quelque chose il faut signer un bordereau pour certifier qu’ils l’ont bien injecté, norme iso oblige ! Au final, j’ai été opéré vers 8h du soir et j’ai eu droit à un réveil spécial qui consiste à pincer le patient jusqu’à ce qu’il réagisse. J’ai bien senti sans pouvoir ouvrir les paupières et j’ai du articuler quelque chose d’incompréhensible ! Quand, un moment après, j’ai ouvert les yeux pour de bon, en salle de réveil, l’infirmière s’est empressée de me montrer un petit flacon qui contenait le bout d’intestin qu’on m’avait enlevé. Elle se demandait si mon mari voudrait le voir. « Euhhh, no, thanks » Il faudra qu’on me dise si, en France, les opérés de l’appendicite ont le privilège de voir leurs entrailles !

 

Le lendemain, j’avais l’impression d’avoir retrouvé la forme, petite forme mais mieux que la veille, c’est sûr ! C’était sans doute aussi grâce au « painkiller », ce « tueur de douleur » qui s’écoulait lentement dans mon goutte à goutte.  « painkiller » c’est un des rares mots que les infirmières comprennent. C’est simple : « pain » entraîne « painkiller ». « no pain, ok ? », « you holiday in Bali, hospital ohhhhh !!! » Nos conversations étaient limitées mais toujours avec le sourire!

Après trois jours à jeun, ils m’ont proposé une « cream soup », le soir « cream soup » à nouveau et le matin suivant au petit-déjeuner «cream soup » avec le sourire. Là, j’ai quand même demandé si je pourrais avoir du thé avec un bout de pain. « I ask the doctor » et du coup, j’ai eu du thé toute la journée et des toasts mous à la confiture à midi ! «Ok, thank you ! » Bon, je me moque un peu mais ils étaient quand même adorables, c’est déjà ça!

Jean-Charles et les filles se sont un peu rapprochés de l’hôpital pour faciliter les visites et se sont installés tout près de Denpasar, à Seminyak, une station balnéaire pleine de restau et de boites de nuit. Entre deux plongeons dans la piscine, ils sont venus me voir et nous avons essayé de savoir ce qu’on avait préféré tout au long du voyage oubliant cette fin de parcours un peu longuette. Tout ce qu’on avait fait, vu, découvert, appris, mangé, entendu pendant ce tour du monde y est passé. Difficile de choisir en fait !  

 

 

The End 

 

A la sortie de l’hôpital, j’ai eu l’impression de passer d’un calme cocon climatisé à un centre ville chaud, moite et bruyant avec ses embouteillages de mobylettes et de voitures. Nous avons vite rejoint Seminyak et le lendemain, avant de partir pour l’aéroport, nous avons pris un dernier petit-dej’ balinais assis devant une grande plage ventée où s’écrasaient de lourds rouleaux. Nous avons été rapatriés par les bons soins de l’IMA ce qui nous a permis d’apprécier le luxe de la Business Class , convalescence oblige. Vingt quatre heures de voyage et trois avions plus tard, nous revoilà chez nous !

  

Six mois ensemble, c’est parfois un peu lourd mais c’est vraiment une expérience super enrichissante pour tout le monde. Jean-Charles nous a donné le dynamisme pour le faire tandis que je gérais l’organisation pratique et les filles ont suivi avec bonne humeur nos changements fréquents d’itinéraires et ont su s’adapter aux lieux toujours différents. Les paysages, les animaux, les plantes exotiques nous ont charmés mais ce sont aussi les gens que nous avons rencontrés sur notre parcours qui ont rendu ce voyage fantastique et on les en remercie. On remercie aussi tous les gens qui nous ont suivi régulièrement en lisant ce blog et ceux qui nous ont fait des petits coucous réguliers car c’est toujours sympa de savoir qu’on ne vous oublie pas même à l’autre bout du monde.

 

La rentrée des classes des filles sera peut-être un peu rapide mais elles se remettront vite dans le bain des copines et des copains. On reprendra nos petites habitudes mais on gardera toujours dans un coin de notre esprit cette jolie parenthèse familiale…

Et puis, c’est sûr, on repartira ! Moins longtemps peut-être mais on s’envolera encore vers de nouveaux horizons car il y a tant de choses à voir…  

 

 

 

Par joce - Publié dans : zantipodes
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /Déc /2006 12:54

La Tasmanie (Tassie pour les intimes) est une petite île en forme de coeur située juste en dessous de Melbourne sur la carte. Elle contraste totalement par rapport à l'Australie de par son relief montagneux (le continent australien est plat), son climat qui se rapproche plus de celui de la Nouvelle- Zélande et ses habitants qui ont un côté plus « british ». L'emblème de l'Etat est le diable de Tasmanie, petite boule de poils noirs avec une strie blanche sous le cou souvent représentée en montrant ses crocs acérés de carnivores. Mais le petit diable est mal en point car il est touché par une sorte de cancer qui le décime de façon inquiétante. Des réserves ont été créées pour le protéger mais jusqu'à quand ?

Déjà, le dernier tigre de Tasmanie, ou Tylacine, un autre animal typique de l'île qui ressemblait à un grand chien au pelage zébré, s'est éteint en 1936 par la faute des pionniers qui le trouvaient trop gourmand en moutons et qui ont réduit à néant toute la population. On ne le trouve plus qu'empaillé dans les musées d'histoire naturelle ; c'est un peu triste!


Une heure à peine après avoir décollé de Melbourne, nous nous sommes donc posés à Launceston. Ici, pas de passerelle pour débarquer, on est descendus sur la piste et on a rejoint le petit aéroport à pied. On a récupéré nos bagages par terre, déposés là après le déchargement de l'avion puis on a filé en ville. Launceston est une petite cité sympa, animée et mignonne avec ses rues piétonnes décorées aux couleurs de Noël. On y a flâné une bonne partie de la journée avant de prendre la route du « North East Trail » qui tournicotait entre les vallons. Les paysages éclairés par la jolie lumière de fin d'après-midi alternaient entre vertes prairies, champs labourés de terre rouge et forêts de grands eucalyptus. On a quitté la route principale pour prendre une piste en direction du Mont William National Park, parc retiré de la côte Est qui, bien qu'on ne l'ait trouvé sur aucun guide, semblait digne d'intérêt.

On n'a pas été déçus. A peine arrivés sur un grand plateau herbeux, un wombat a traversé devant nos roues et s'est immobilisé sur le côté de la route, tétanisé de peur. Il ressemblait à un petit cochon poilu en plus pataud. La plaine était peuplée de Forester kangaroos, les seuls kangourous de Tasmanie, de petits wallabies (dit « de Bennet ») et de quelques wombats qui broutaient l'herbe rase. Il y avait sans doute aussi quelques diables mais il aurait fallu attendre que la nuit tombe totalement pour les voir car ils sont nocturnes.

 

En continuant la piste, on est arrivés à un bush camping sous la pinède à côté d'une immense plage de sable blanc et on s'est fait une veillée tranquille au feu de bois. Le lendemain matin, une maman wallaby et son petit mangeaient juste à côté de la tente. Quand il nous a vu, le petit s'est précipité maladroitement dans la poche de sa mère et il a du s'y reprendre à deux fois pour entrer ses grandes pattes et se cacher tout entier à l'intérieur. Après un moment, il a ressorti la tête pour ne laisser dépasser que son petit museau. Pendant ce temps, sa mère, beaucoup plus à l'aise, se rapprochait de plus en plus de la table du petit-déjeuner pour voir s'il n'y avait pas quelque chose pour elle. Mais depuis Yosemite et ses ours agressifs, on sait bien que ce n'est pas rendre service aux animaux de les nourrir. « Keep wildlife wild ! »

Nous avons suivi la côte Est jusqu'à une autre plage superbe à l'eau bleu émeraude, the « bay of fire ». En fait, tout le littoral de ce côté de l'île est une succession de petites baies à l'eau claire et au sable blanc. Un peu plus bas, la péninsule de Freycinet est un parc national où une montagne de granite rose s'élève au dessus de la mer. Une jolie promenade monte entre les blocs granitiques jusqu'à un magnifique point de vue sur la baie en contrebas. On peut même faire le tour du massif si on est courageux. C'est ce que Jean-Charles a fait tandis que nous redescendions tranquillement en crapahutant sur les rochers et en jouant à cache-cache. Là encore, nous avons dormi dans un bush camping au bord d'un paisible lagon où se reposaient de gros pélicans.

Sur la péninsule de Tasman, une autre presqu'île un peu plus bas, se trouvent un parc national mais aussi un monument historique, chose rare en Australie. « Port Arthur » est, en effet, un ancien centre de détention pour « convicts », ouvert en 1833. Avant de venir ici, on pensait que ces bagnards étaient de dangereux criminels ; en fait, la plupart n'étaient souvent que de petits voleurs issus des classes pauvres de l'Angleterre du XIXème siècle. Ils avaient pris 7 ans de détention pour leur délit ce qui était un peu cher payé quand on sait que, dans le même temps, les pionniers massacraient les aborigènes de Tasmanie sans être inquiétés ! Le plus jeune convict avait volé des jouets et n'avait que 9 ans ! Les hommes envoyés ici devaient travailler dur : couper du bois dans la forêt pour en faire des bateaux, fabriquer des briques pour construire des bâtiments, le tout fers aux pieds et sans se rebeller car, s'ils n'obéissaient pas, ils étaient violemment punis. Les fortes têtes étaient consignées dans de minuscules cellules en bas du bâtiment tandis que les plus dociles avaient le privilège de dormir entassés dans des dortoirs à l'étage du pénitencier.

Par la grande bonté du commandant, certains pouvaient essayer d'apprendre à lire et à écrire dans une petite salle de classe après leur dure journée de labeur, ce qui ne devait pas être chose facile (épuisement ou surcharge cognitive comme on dit en jargon professoral). Comme tout ce petit monde vivait dans de piètres conditions sanitaires, il tombait souvent malade, ce qui n'arrangeaient pas les autorités car un homme malade ne travaille pas et zut, ils étaient quand même là pour ça ! Un hôpital a donc été construit sur le site ainsi qu'une église, des casernes pour les soldats qui encadraient les convicts, des maisons basiques pour les officiers et une, plus cosy, pour le commandant et sa famille. Toute une micro société s'est organisée sur le site, vivant quasiment en autarcie. Pour les prisonniers, il n'y avait pas de possibilité d'évasion, l'océan entourant la péninsule étant froid, plein de courants dangereux et infesté de requins. Un peu plus tard, un centre d'isolement a été mis en service. C'était un nouveau genre de prison où les détenus ne devaient pas prononcer un mot, même avec leurs gardiens avec qui ils n'avaient le droit de communiquer que par gestes. Les cellules étaient petites et sombres et deux cheminées devaient chauffer l'intégralité du bâtiment de pierre. La Tasmanie n'étant pas réputée pour ses hautes températures, les prisonniers devaient grelotter (mais en silence, s'il vous plait!).

Certains ne supportaient pas longtemps cette vie et devenaient complètement fous, c'est pourquoi un petit asile a été construit à côté. Lugubre ! Le centre n'a plus accueilli de nouveaux convicts en 1870 et a définitivement fermé en 1877.


A l'entrée, on nous avait donné de jolies cartes à jouer décorées qui nous ont permis de nous retrouver dans la peau d'un convict et de suivre leur vie à « Port Arthur ». Marine était un chirurgien qui avait volé deux billets de 5£, Luce un soldat déserteur et Iris un boulanger qui avait dérobé une chemise. Les filles ont adoré « jouer au convict » en se mettant des fers aux pieds et en suivant les différents parcours des prisonniers. C'est amusant quand ça dure une demi-heure, pendant 7 ans, ça devait être un vrai cauchemar !

 

 

Non loin, se trouve le parc national de Tasman Peninsula. A bout d'une piste forestière, nous avons rejoint Forestcue Bay où une longue balade mène à un cap minéral fait de hautes roches volcaniques noires. Jean-Charles a encore été le seul à aller jusqu'au bout car nous avons fait demi-tour après 1h30 de montées et de descentes épuisantes dans un dense bush. Dommage, c'était beau mais un peu trop loin pour l'heure tardive à laquelle nous étions partis!

Tous ces jours, nous avons séjourné dans un charmant camping verdoyant où les lapins et les bandicoots (sorte de rongeurs au nez allongé) sortaient dès la tombée de la nuit.  Un matin, alors que nous venions de terminer notre petit-déjeuner, un homme est entré dans la cuisine pour faire cuire deux grosses langoustes qu'il venait de trouver dans un casier qu'il avait déposé la veille. Voilà, on retiendra qu'en Tasmanie, il est courant de manger de la langouste au camping ! C'est aussi l'endroit idéal pour manger des huitres fraiches. On peut en acheter pour trois fois rien dans les poissonneries, tout comme les moules, coquilles Saint-Jacques et autre fruits de mer. C'est pas mal pour faire le plein d'iode avant de rentrer ! Eh oui, il fallait bien se rendre à l'évidence, la fin du voyage approchait même s'il nous restait encore trois semaines et on n'avait pas trop envie de retrouver la vie citadine et l'hiver glacial! Allez, une huitre citronnée et on oublie tout !


Hobart est la ville principale de l'île. Le centre est tout petit. Il y a une place touristique, Salamanca Square, entourée de boutiques et de petits restaurants, un quartier commerçant avec un traditionnel mall, une rue piétonne animée, et le port coloré, accueillant de nombreux bateaux de pêche ainsi qu'un gros paquebot de tourisme en partance pour l?Antarctique. A des fins plus scientifiques, « l'Astrolabe », un bateau de recherche français, était également à quai avant son départ vers le sud. Hobart est en effet le dernier port australien avant l'Antarctique et de nombreuses expéditions polaires partent d'ici. Ambiance tranquille et grand festin de fish and chips et de fruits de mer sur le pouce !

Quittant Hobart, nous sommes descendus tout au sud de l'île, jusqu'au bout de la route. Après, il n'y a plus qu'un immense parc naturel recouvert de forêts d'eucalyptus qu'on peut uniquement parcourir à pied. A Cookle creek, ancien port baleinier totalement désaffecté aujourd'hui, on s'est installés entre une baie tranquille et une forêt pleine de chants d'oiseaux. Les filles se sont faites des cabanes dans les arbres de la plage et nous avons pique-niqué à côté des mouettes tandis que des wallabies sautillaient autour de la tente.


Le lendemain, nous avons quitté la mer pour passer la journée à la montagne. Le « Hartz Mountain National Park » est un parc d'altitude recouvert de tourbières et de petits lacs glaciaires. Un ponton en bois nous a menés à un de ces lacs d'où nous avons eu une superbe vue, au loin, sur l'océan. C'est dans ce parc que nous avons vu pour la première fois de jolis arbustes couverts de fleurs rouges ciselées, des waratahs, qui poussent en Tasmanie depuis des temps préhistoriques. Il y a, dans l'île, une flore très particulière. Ces plantes se sont développées à l'époque du Gondwana et on retrouve quelques espèces en Patagonie et en Afrique du sud.

Le soir même, nous étions remontés au niveau de Hobart et nous nous sommes installés tardivement au camping de Richmont, un village historique où quelques bâtiments et un joli pont de pierre ont été construits par les convicts. Le lendemain matin, les filles étaient prêtes de bonne heure car nous allions visiter la « Cadbury Chocolate Factory ». Cadbury, c'est une institution. A Hobart, on fabrique les tablettes de chocolat et de nombreux bonbons chocolatés. « Yummy, yummy ! » ce qui veut dire « miam miam délicieux » en pur australien ! Les friandises défilaient sur de longs tapis roulants et se précipitaient sous un rouleau emballeur avant de ressortir, une par une, toute belle dans leur papier brillant violet. Ca sentait bon, mais il y avait un bruit assourdissant et c'était quand même beaucoup moins drôle que les rivières chocolatées de Willy Wonka! Les filles ont bien apprécié la visite guidée, et encore plus l'assortiment de chocolat qu'on nous a donné à la fin. En plus des cinq boites de chocolats, notre guide nous a en effet ramené un lot de « Caramello Koala » et de « Freddo the frog », des friandises réputés chez les australiens petits et grands, que nous avions avoué ne jamais avoir gouté auparavant. Grâce à elle, nous sommes donc sortis de notre inculture et nous sommes repartis avec un sac énorme rempli de chocolats de toutes sortes qu'on est même pas arrivés à terminer avant la fin de notre séjour australien !

Repus, nous avons pris la route pour remonter jusqu'au sud des « Craddle Mountains », un massif montagneux magnifique, que l'on peut traverser à pied en empruntant « the Overland Track » une rando de 80km aussi réputée (mais moins dure) que notre GR20 corse. Nous nous sommes installés au camping du parc, au bout du grand lac Saint Clair. Il faisait humide et froid et nous nous sommes réchauffés à côté d'un bon feu de camp. C'est là que nous avons décidé d'entreprendre une grande balade le lendemain et d?aller dormir dans un refuge de montagne. Au petit matin, nous avons donc préparé nos sacs à dos avec quelques boites de conserve (pas des plus légères) que nous avions en réserve et nous sommes allés attraper un bateau qui nous déposerait de l'autre côté du lac à Narcissus Bay. De là, nous avons remonté un bout d'Overland Track, passant sur de petits pontons de bois au dessus des zones marécageuses recouvertes de grosses touffes de hautes herbes sur lesquelles quelques gros « tiger snakes » noirs somnolaient roulés en boule. Ils n'avaient pas l'air bien méchant mais on a appris après coup qu'ils sont très venimeux. Après deux heures de marche, le chemin jusqu?au refuge bifurquait. Nous avons fait une petite pause sponsorisée par Cadbury (« Yummy !» surtout après l'effort !). Nous avons remonté une rivière qui serpentait et traversé plusieurs ponts étroits suspendus puis le sentier s'est enfoncé dans une grande forêt humide et boueuse, néanmoins très belle avec ses cabbage trees (sorte de grands yuccas) et ses vertes fougères. La marche a été un peu longue d'autant que les racines des arbres glissaient et que la faim commençait à se faire sentir. Nous imaginions le refuge à flanc de montagne avec une jolie vue dégagée, nous avons en fait atteint une petite cabane en bois coincée dans une sombre « rainforest ». Malgré tout, nous étions quand même bien contents d'y arriver et de poser nos lourds sacs. Trois marcheurs de Melbourne étaient déjà là et venaient d'allumer le poêle à bois pour faire remonter un peu la température de l'abri. Nous avons repris quelques forces avant de repartir, Jean-Charles et moi, en haut de la montagne voisine pour admirer la vue sur le lac et les sommets environnants, grosse grimpette beaucoup plus facile sans nos sacs. Pendant ce temps, les filles avaient entrepris une partie de cartes avec les melbournois et jouaient tranquillement quand nous sommes revenus de notre petite escapade. La soirée au refuge a été sympa avec jeux de cartes et discussion avec deux profs qui encadraient sept grands ados de Sydney en voyage de classe ; la nuit l'a moins été car il n'y avait pas de matelas sur les lits et on n'avait pas pris les nôtres. Ce n'est pas tant la dureté du sol qui nous a gênés mais c'est surtout le froid qui remontait à travers le plancher de bois. Le matin, nous étions congelés malgré nos polaires et les adolescentes (qui étaient plutôt style surf et plage et qui n'avaient pas dû souvent aller marcher dans la montagne) grelottaient en caraco décolleté et en mini-short en disant « it'sss soooo cooooold ! » Nous avons rallumé le poêle et avons déjeuné avant de reprendre notre chemin dans l'autre sens. L'après-midi, le même bateau que la veille nous ramenait contents de l'expérience jusqu?au « visitor center » du parc où nous avons retrouvés les marcheurs croisés pendant la balade ou au refuge. C'était comme si on se connaissait tous ! Après un petit repos bien mérité au café du parc, nous sommes repartis, en voiture cette fois-ci, en direction de la côte Ouest.

La route a traversé des paysages superbes de lacs de montagne avant une vertigineuse descente dans une colline lunaire qui menait à Queenstown, une ancienne ville minière qui avait dû connaitre un jour son heure de gloire mais qui semblait aujourd'hui bien morne. N'ayant pas trop envie de nous arrêter là, nous avons poursuivi jusqu'à Strahan, une jolie petite station balnéaire proprette située sur une baie immense et calme protégée de l'océan par une longue bande de sable. C'est justement là que nous avons trouvé un camping primitif parfait pour la nuit. Le lendemain, après une longue balade sur la plage, nous sommes repartis dans les « Craddle Mountains » mais du côté nord cette fois-ci. Nous avons planté la tente sous une jolie forêt pleine de waratah en fleurs dans un camping bien équipé avec grande salle à manger agréable et cheminée. Après quelques tournois de cartes endiablés, nous avons rejoint la tente rencontrant au passage de nombreux opossums. Une jeune fille qui s'était arrêté sur le chemin pour admirer le petit animal en disant « so cute !» a vite déchanté quand ce dernier a bondi sur le paquet de pain de mie qu'elle tenait à la main et l'a déchiré ! Mignon mais pas craintif ! On a donc pris garde de ne pas laisser de nourriture à leur portée car ces petites bêtes sont douées et arrivent, parait-il, à ouvrir les fermetures éclairs des tentes et des sacs dès qu'ils sentent qu'il y a quelque chose manger !


Le côté nord du massif des « Craddle Mountains » est vraiment magnifique. Le parc est d'ailleurs classé au patrimoine mondial de l?Unesco grâce aux formations rocheuses volcaniques qui caractérisent ses sommets, les dolérites. Alors qu?au sud du parc, nous avions fait la fin de « l'overland track », nous avons entrepris cette fois le début (car il y a un sens pour ceux qui font la traversée). Le chemin grimpait à un premier lac de montagne, le Crater Lake, puis à un point de vue saisissant sur tous les environs, le « Marion's lookout ». Les paysages extraordinaires et la végétation superbe nous ont faits oublier que c'était très raide. Nous avons poursuivi jusqu'à un petit refuge où nous avons pique-niqué avant de quitter l'Overland Track pour longer les dolérites et redescendre à pic jusqu'à un premier lac intermédiaire (dur pour les genoux !) puis à un plus grand, le Dove Lake, que nous avons longé pour enfin terminer notre boucle. Splendide randonnée dans un décor alpin presque aérien!


Le soir, nous sommes revenus au Dove Lake pour observer le coucher du soleil sur la paisible montagne. Il devait y avoir quelques ornithorynques (platipus) dans le lac mais nous ne les avons pas vus, par contre nous avons croisé des wombats qui vivent ici été comme hiver affrontant sans problème des températures glaciales.

Le lendemain, nous sommes remontés vers la côte nord, plus urbanisée et jonchée de petites stations balnéaires pas très jolies. Devonport est un gros port marchand sans grand charme où arrivent les bateaux qui viennent de Melbourne. Nous nous en sommes vite échappés pour aller dormir dans un bush camping du « Narawntapu National Park », un parc où on peut observer kangourous, wallabies et wombats en quantité impressionnante. Mais le vent froid qui s'est levé a constitué une épreuve pour un avant dernier jour de camping et on doit avouer qu'on aurait rêvé être au chaud plutôt que de manger dehors emmitouflés dans nos coupe-vent. La vie au grand air a aussi ses limites !
Le lendemain, nous sommes revenus sur Launceston. Après un tour dans le centre ville animé, nous sommes allés flâner dans les gorges aménagées de la rivière puis nous avons rejoint le petit port pour un dernier fish and chips. Le jour suivant, nous prenions l'avion du retour vers Melbourne.

A l'approche de la ville, le commandant de bord nous a prévenus que la visibilité n'était pas bonne à cause de la fumée des incendies qui ravageaient le nord-est de l'Etat du Victoria depuis une semaine. Deux milles hectares avaient déjà brulé! Bien qu'étant à 100km de la ville, le « bush fire » dégageait une fumée rose énorme qui était rabattue au sud par le vent et on sentait une odeur de bois brûlé. Ce n'était pas vraiment étonnant que le feu se propage car, à cause de la grande sécheresse, les forêts d'eucalyptus dégageant leurs essences parfumées ne demandaient qu'à s'enflammer. Ce n'était pourtant que le printemps et ça serait sans doute pire d'ici la fin de l?été !

Melbourne est une ville titanesque qui s'étend sur plus de cent kilomètres. Après quelques difficultés pour nous garer dans le centre qui est très « busy », nous avons, tels de parfaits touristes, emprunté la « circle line », un tramway gratuit qui fait le tour du centre ville et montre ses principaux monuments. Nous avons ensuite tenté de rejoindre la maison de Nouria (peut-être pas par le meilleur itinéraire) et nous sommes restés scotchés dans les embouteillages (ce qui ne nous était pas arrivé depuis bien longtemps mais il faut bien se réhabituer un peu !) Quand nous sommes arrivés, Nouria se demandait bien ce qui avait pu se passer. Pendant qu'on retrouvait nos appartements chez Timour, elle est allée nous chercher des pizzas que nous avons dévorées en lui racontant notre voyage.


Nous avons réitéré notre visite du centre en prenant la bonne route cette fois-ci. La ville est très cosmopolite. Elle est constituée de petits quartiers sympas et animés où chaque communauté s'est regroupée. Dans le centre, on passe du quartier italien avec trattorias et cafés, à Chinatown où les canards laqués pendent dans les vitrines et les boutiques regorgent de produits asiatiques insolites. Il y a aussi un quartier grec car Melbourne possède la deuxième plus grosse ville grecque du monde après Athènes. Non loin, les grands magasins de la rue piétonne dévoilaient de belles vitrines décorées pleines d'automates à la façon des Galaries Lafayettes parisiennes. Ici, les marionnettes animées qui racontaient le conte de Noël avaient les traits de koalas, d'émeus et de wombats mais les petits nains qui construisaient les jouets étaient bien les mêmes que chez nous ! Nous éloignant de l'agitation suscitée par le spectacle, nous nous sommes enfoncés sous un dédale d?arcades et de petites ruelles où les restaus ouverts étalaient leurs terrasses. Ca bougeait, ça papotait, ça riait. L'ambiance était vraiment décontractée et sympa ; beaucoup plus qu'à Sydney finalement qui, sortie de son port et son opéra emblématique, est plus classique et plus strict. Il y a d'ailleurs une grande rivalité entre les deux villes qui avaient postulées pour devenir capitale. Pour ne pas faire de jaloux, Canberra a été créée entre les deux. Reste que les habitants de Sydney regardent un peu de haut ceux de Melbourne tandis que ces derniers trouvent ceux de Sydney trop américanisés et tape à l'oeil. Le seul inconvénient de Melbourne, de mon point de vue, est sa météo fluctuante qui peut changer plusieurs fois au cours d'une même journée et passer d'une température caniculaire à un vent glacial avec 20° de moins en une demi-heure ! Ne pas oublier sa petite laine !
La balade nous a ensuite mené jusqu'à Federation Square, une grande place ultra moderne surplombant la Yarra River qui serpente dans la ville. Les superbes photos de « la terre vue du ciel » de Yann Arthus Bertrand s'exposaient sur les quais. On a reconnu certains paysages et on s'est dit qu'il y en avait encore plein à découvrir pour un prochain voyage !

A côté du centre, le Victoria Market occupe un espace immense. Dans la halle fermée, on peut trouver tout ce qu'on veut à manger, des énormes langoustes fraiches au Pont-lévèque dégoulinant, dans le brouhaha des marchands qui alpaguent joyeusement les passants. Derrière, se trouve un grand marché forain couvert où on peut dénicher quantités de vêtements et de souvenirs pour touristes. L'ensemble constitue un endroit vraiment sympa, agréable pour faire des emplettes avant le départ !
Non loin, le grand Melbourne Museum est un magnifique bâtiment à l'architecture moderne qui contient plusieurs expos et une forêt humide reconstituée dans un immense patio intérieur. C'est aussi le paradis des enfants avec son Chidren Museum interactif.

A la maison, Timour  nous a appris à jouer du didjeridoo avec un tuyau de fortune qui faisait tout à fait l'affaire. Il faut souffler en faisant trembler ses lèvres et en reprenant sa respiration par le nez en même temps, c'est super dur ! Nouria, nous a expliqué comment préparer le « Shirpeera », un dessert afghan délicieux. On a vu défiler pas mal de leurs frères, tous adorables, qui sont venus nous rendre visite et on a remangé au restaurant de Timour mais cette fois dans un petit salon afghan privé, confortablement installés dans des coussins. Délicieux !


Le dernier jour, nous avons fait un saut au supermarché du coin pour se ravitailler en « Vegemite », concentré de levure typiquement australien, qu'on a finie par apprécier (sauf Jean-Charles) depuis qu'on nous a expliqué que ça se mangeait mélangé à du beurre sur des tartines. C'est spécial mais on s'y fait. En plus, c'est riche en vitamine B et il parait que c'est bon pour la santé. Si vous voulez goûter, vous serez les bienvenus, on en a pris un gros pot!
Les sacs bien bourrés, nous sommes repartis pour l'aéroport, béni par Timour qui nous a envoyé un petit verre d'eau sur la voiture en guise de bonne continuation et notre avion s'est envolé pour Bali. Six heures plus tard nous arrivions à l'aéroport de Denpasar sous une chaleur étouffante et humide. Changement d'ambiance ...

 

Par joce - Publié dans : zantipodes
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Vendredi 15 décembre 2006 5 15 /12 /Déc /2006 23:51

Alison et Michael, des hôtes Servas, nous ont accueillis à Adélaïde dans une grande maison superbe remplie d’œuvres d’art modernes superbes et les filles se sont précipitées dans la piscine avec Rachel et Tom, les enfants de la maison.

Le centre ville d’Adélaïde est très petit. Tous les musées sont regroupés au même endroit et sont gratuits.  On a commencé par l’Art Gallery of South Australia. A l’époque des pionniers, de nombreux artistes ont peint l’outback faute de pouvoir le prendre en photo. Il y a des paysages mais aussi des scènes de vie, des aborigènes vus à travers l’œil perplexe des peintres anglais, c’est intéressant. L’après-midi, on a visité l’Australian Museum qui présentait une expo très complète sur la culture aborigène. Alors que celle de Sydney avait un point de vue historique et politique, celle-ci était plus tournée sur leur vie : les techniques mises au point pour la chasse, leurs connaissances médicinales des plantes, la cuisine traditionnelle avec des mets recherchés comme de grosses larves blanches de papillons de nuit (assez répugnante) qu’ils trouvent apparemment délicieuses une fois cuite dans les braises (pourquoi pas ? nous, on mange bien des escargots !).

 

Entre ces deux moments culturels, nous avons été faire les magasins dans la rue piétonne commerçante toute décorée aux couleurs de Noël, avec sapins, houx et boules dorées. Un gigantesque Père Noël tout de rouge vêtu était fixé sur la façade d’un grand magasin. Cela fait un peu bizarre car ici, c’est bientôt l’été et le Père Noël devrait plutôt être en maillot de bain ! Dans cette grande rue animée, on est rentrés dans une librairie et on n’a pas pu s’empêcher de se refaire un stock de livres (même si c’est un peu lourd dans les bagages). Marine s’est jetée sur le 13ème et dernier tome des « orphelins Baudelaire » et on ne l’a plus entendu pendant quelques jours.

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, on a rejoint la péninsule de Fleurieu à 100km au sud d’Adélaïde. La pointe sud de la péninsule s’appelle le cap Jervis. C’est de là que partent les ferries pour Kangaroo Island, une grande île sauvage. On n’a pas fait la traversée car le trajet coûte cher et on n’avait pas assez de temps devant nous pour en profiter. On a donc suivi la côte jusqu’à Victor Harbour, une petite station balnéaire dont l’intérêt principal est Granite Island, la petite île qui se trouve juste en face. Un pont de bois relie la côte à l’île et une petite balade fait le tour. Comme son nom l’indique, on y trouve de gros blocs de granite. Ils ont été rongés par le vent, sont recouverts de lichen blanc et orange, et c’est vraiment joli.

 

 

 

 

 

Le lendemain, on a suivi la « Limestone Coast » qui est une grande lagune où de nombreux oiseaux migrateurs viennent nidifier. C’est le cas notamment des pélicans qui se retrouvent ici nombreux. Mais, cette année, c’est la sécheresse et certains lacs de la lagune se sont transformés en lacs salés. Il y a moins de nourriture pour les oiseaux et certains pélicans abandonnent leur petit car ils savent qu’ils ne pourront pas les nourrir. Dure nature !

Nous avons dormi dans un petit « bush camping » du « Coorong National Park » entre plage et lagune. Les « bush campings » sont de petits campings très basiques, gratuits ou très peu chers, situés en pleine nature généralement dans un cadre assez chouette. Dans celui-là, il y avait des kangourous au coucher du soleil mais un vent glacial s’est mis à souffler de l’océan et on s’est réfugié dans la tente. Dans cette partie de l’Australie, il y a de brusques changements de température au cours d’une journée. Il peut faire 30° le matin, à peine 10° le soir et à nouveau chaud la nuit quand le vent est tombé (on ne sait plus comment s’habiller ma pauv’dame !).

 

 

 

 

 

La route côtière, nous a ensuite conduite à Robe, un mignon petit village avec une très jolie plage sereine et nous avons fait une pause le temps de siroter un thé dans un paisible « bookshop-café ».

L’après-midi, nous étions attendus chez Helen, la sœur de Michael (d’Adélaïde) qui nous avait invités chez elle à la ferme. Quand je dis « ferme », n’allez pas imaginer une vieille battisse entourée de quelques vaches, ici, l’échelle n‘est pas le même qu’en France. La propriété est immense : 4000 hectares c’est à dire 400km² donc environ 20km par 20km. Il y a quelques forêts mais ce sont principalement des pâturages où 4000 bovins et 13000 moutons dévorent l’herbe rase. La famille du mari d’Helen possède tout ceci depuis plusieurs générations et la route pour y arriver porte leur nom. La maison d’Helen est une immense maison toute neuve construite en U dont les deux ailes sont reliées entre elles par une galerie de peintures. Au bout, il y a la salle de billard et c’est assez classe.

 

 

 

 

 

 

 

 

La journée où nous sommes arrivés était un peu particulière car 13000 agneaux venaient d’être vendus et Jim, le mari d’Helen, était en train de les charger dans des camions avec les autres hommes de la ferme (Six familles habitent sur la propriété). Pendant ce temps, les femmes papotaient à la maison et une pelletée d’enfants jouaient tout autour. Marine et Luce ont rapidement rejoint le groupe des enfants et Iris s’est pris d’affection pour un petit chiot pas bien vieux qu’elle a porté toute la soirée sans trop se rendre compte que ce n’était pas une peluche. La soirée s’est terminée tard et bien arrosée coté australien!

 

 

 

Le lendemain, Helen nous a fait faire un petit tour de leurs terres dans un énorme 4X4 et on a réalisé l’immensité du domaine. Il y avait ça et là quelques émeus qui se promenaient. Des lapins et de kangourous aussi, mais ceux-là n’ont pas trop intérêt à se montrer. Les fermiers ne les aiment pas beaucoup car ils mangent l’herbe des moutons et ils les tirent à la carabine ! Pas de pitié pour les mangeurs d’herbe !

Helen nous a expliqué le fonctionnement de la ferme qui demande une logistique complexe. A ce stade, c’est même plutôt de la gestion d’entreprise. On a terminé notre tour par le hangar où sont tondus, une fois par an, les 13000 moutons. A raison de 4 minutes par mouton, ça fait environ 870 heures de tonte. Heureusement, ils peuvent être dix à travailler en même temps sinon il faudrait cinq mois pour tous les faire passer ! D’autant qu’ils tondent aussi les agneaux avant de les vendre ! De gros ballots de laine attendaient d’être envoyés à des courtiers qui les revendent à des industriels. On a touché, c’est bizarre, la laine brute est toute grasse, ça fait une drôle d’impression.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ferme se trouve près de Naracoorte où on peut visiter des grottes classiques et un petit « fossil center ». Ici, il n’y a pas de fossiles tel qu’on l’entend habituellement. Par contre, des tonnes d’ossements d’animaux datant d’époques préhistoriques ont été découvertes dans ces grottes. Des avens s’étaient formés dans le plafond des grottes et ont fonctionné comme des pièges. Les animaux sont tombés dans ces trous. Quelquefois, ils sont morts dans leur chute, d’autres fois, ils ont erré dans les galeries sans pouvoir jamais trouver de sortie. Les chercheurs ont donc trouvé là de nombreux squelettes entiers d’animaux ayant vécus il y a 500000 ans. Tous étaient des marsupiaux. C’est la façon qu’ils ont eu de s’adapter aux climats extrêmes qui pouvait sévir sur le continent australien. Lorsqu’il n’y a plus assez à manger, soit en période glaciaire, soit en cas de grosse sècheresse, les marsupiaux se débarrassent du petit qu’ils ont dans la poche et attendent des jours meilleurs pour se reproduire. Tous ces marsupiaux préhistoriques ont pourtant disparu il y a environ 50000 ans suite à un changement climatique trop important. Dans le petit musée, des automates reconstituaient l’ambiance d’une forêt primaire peuplée de ces drôles d’animaux, sur fond d’orage et de bruits inquiétants. Ca faisait un peu Disneyland version préhistorique mais c’était assez bien fait. Les filles ont adoré !

 

 

 

Le soir, nous sommes revenus chez Helen et Jim qui nous ont cuisiné un « Aussie Barbie », barbecue australien sauf que cette fois-ci nous avons eu droit en plus des traditionnelles côtelettes de moutons à du homard coupé en grosses tranches que Jim avait péché sur la côte. Pour nous, c’est un met rare mais pour eux, ça a l’air d’être assez courant. Jim en a péché 200 l’été dernier !

 

 

 

 

 

 Le lendemain, nous avons rejoint le parc naturel des Grampians un peu plus à l’Est, dans l’état du Victoria. Il aurait pu être beau si un énorme incendie ne l’avait pas ravagé en grande partie l’an dernier. Malgré tout, la végétation a commencé à repousser et de grands « grass tree » verts s’élevaient au milieu des troncs noircis. Les « grass tree », c’est une sorte de grosse touffe d’herbe sur un petit tronc noir avec une haute tige centrale et c’est assez joli. Petite balade, bush camping et retour vers la mer le jour suivant.

 

 

 

 

 

 

 La route qui rallie Port Fairy, un petit village de pêcheurs et Melbourne s’appelle  la «Great Ocean Road». Elle porte bien son nom car les paysages y sont fantastiques. La première parie du trajet longe la « shipwreck coast », la côte des épaves. De nombreux navires ont en effet sombré poussés par des vents violents sur les hauts-fonds qui jalonnent tout le bord de mer. Du haut des falaises de grès, on découvre un panorama superbe qui s’étend jusqu’aux « 12 apôtres », de grands bouts de roches détachés de la côte qui s’élèvent comme d’imposants personnages les pieds dans l’eau. Le va et vient des vagues les grignotent petit à petit, déjà ils ne sont plus douze et ils finiront tous un jour par s’effondrer. L’écume blanche fait ressortir le bleu vif de la mer et le jaune des falaises. C’est superbe.

 

 

 

 

 

 

 

La deuxième partie de la route quitte d’abord le littoral, où ne poussaient que des buissons bas, pour traverser une petite zone de dense forêt. Le « Melba Gully State Park » est un « ravin » de rainforest. Une rivière coule au milieu des eucalyptus géants et des « fern trees » (arbres fougère) et un joli petit sentier serpente dans ce jardin d’Eden.

 

 

 

Continuant la route, nous avons vu notre premier échidné, deux fois plus gros que son cousin le hérisson (qui n’a en fait aucun rapport avec lui). Il a de sacrés piquants et un drôle de museau allongé d’où sort sa langue collante pour attraper insectes et autres araignées. Les échidnés font partie de l’étrange famille des « monotrèmes », mammifères qui pondent des œufs, tout comme l’ornithorynque. Ils ont d’ailleurs tous les deux des ancêtres préhistoriques qui datent d’avant la séparation du Gondwana puisque certains d’entre eux ont été retrouvé en Amérique du sud. C'est-à-dire qu’ils ont su s’adapter à tout un tas de changements et existent encore des milliers d’années plus tard. Impressionnant, non ?

 

 

 

Les filles étaient déjà euphoriques mais leur excitation n’a fait que grandir quand nous avons aperçu un koala, puis deux puis trois puis dix ! Quittant la route principale pour aller jusqu’au Cape Otway où se trouve un phare, nous nous sommes en effet retrouvés dans une forêt d’eucalyptus remplie de koalas douillettement blottis contre les branches. On les a scrutés un long moment, observant le moindre de leurs mouvements et écoutant leur drôle de cri, un sorte de gros grognement de cochon sauvage auquel on ne s‘attend vraiment pas vu leur apparence de peluches. Les filles ne voulaient plus décoller ! Il a bien fallu pourtant s’y résoudre et il y avait de l’animation dans la voiture. Elles ne savaient pas que le spectacle n’était pas encore fini pour la journée !

 

 

 

 

 

Revenus sur la Great Ocean Road, nous avons poursuivi jusqu’à Apollo Bay, une jolie petite station balnéaire où les moutons paissaient paisiblement sur des collines arrondies au dessus de la plage. A partir de là, nous nous sommes mis en quête d’un camping et le hasard nous a mené à Kennet River, un minuscule hameau au bord de la plage et de la route. A l’accueil, j’ai demandé à la dame si on n’entendait pas trop la route et elle m’a répondu « la route ? Non ! Le problème, c’est plutôt les koalas ! Il ne faut pas prendre peur ; ils crient pendant la nuit ! » « No worries ! » Le camping était peuplé de koalas et c’était assez sympa de s’installer sous les eucalyptus et de voir déambuler ces grosses touffes de poils au dessus de nos têtes. A la tombée de la nuit, ils ont en effet commencé à devenir plus actifs et à descendre de leurs arbres. L’un d’eux s’est même mis à courir (sauter) dans notre direction et on a bien cru qu’il allait rentrer dans la tente. Il a bifurqué au dernier moment et s’est retrouvé aux pieds de Marine qui ne savait pas trop quoi faire. Après un moment d’hésitation, il a grimpé le long d’un tronc (On a bien vu ses drôles de mains à deux pouces) et est allé déguster son repas favori : les feuilles d’eucalyptus. L’observation des koalas nous a pris une bonne partie de la soirée, d‘autant qu’il y avait des mamans avec leur bébé pelotonné contre leur ventre et que c’était assez adorable ! On n’a même pas été trop gênés par leurs cris pendant la nuit car le vent s’est mis à souffler tellement fort qu’on a plus entendu le bruit de vagues qui s’écrasaient sur la plage que leurs grognements.

 

 

 

 

Le matin, les koalas s’étaient rendormis mais les perroquets, eux, étaient bien réveillés. De jolis Rosella rouges et bleus et de grands king parot vert vif sont venus picorer des graines dans nos mains et se poser sur nos épaules et nos têtes. Voyant qu’il y avait de quoi manger, toute une troupe de canards suivis en ligne par leurs canetons sont arrivés vers la tente ; il y avait de l’animation!

On a quitté ce camping animalier pour poursuivre la jolie route de bord de mer découpée dans la montagne puis on a rejoint la grande ville de Melbourne dont on a juste contourné le centre pour trouver la maison de Nouria, une amie afghane de mes parents qui vit ici depuis trente ans. Toute sa famille habite Melbourne et nous avons été logés, comme des rois, chez son frère Timour. Timour tient un restaurant dans une rue animée de la ville, Brunswick street. Après avoir bu un bon thé vert à la cardamome avec Ahmat (un autre frère qui vit habituellement en Allemagne), nous avons rejoint le restaurant afghan et nous nous sommes régalés de spécialités excellentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain matin, on a laissé quelques sacs chez Timour et on est partis légers prendre l’avion pour la Tasmanie.
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 03:11

Le lendemain de la tempête de sable, le soleil était revenu. Un petit vent frais soufflait mais rien à comparé de la veille. Nous avons poursuivi « the Oodnadatta track ». Cette piste suit un ancien chemin utilisé par les aborigènes. Ils y connaissaient des trous d'eau potable et réalisaient des échanges entre les tribus du sud et celles du nord. Ceux du nord troquaient du bois et des lances pour la chasse contre des pierres en grès du sud qui leur servaient à moudre des graines et des baies. A l'arrivée des colons, une voie de chemin de fer a été construite en suivant la même route. Elle reliait Adélaïde à Oodnadatta, petit village en plein désert, et permettait de ramener des minerais vers Adélaïde et d'acheminer des provisions vers le nord. D'Oodnadatta, des caravanes de dromadaires partaient alors encore plus au nord, vers Darwin, conduites par une vingtaine « d'afghans » qui s'était installée là. Ils avaient été surnommés afghans mais venaient en réalité d'Inde et le train fut baptisé « le Ghan ». La ligne fut ensuite prolongée un peu plus au nord jusqu'à Alice Springs. Mais les pluies violentes qui s'abattaient parfois faisaient déborder les petites rivières et les crues endommageaient les voies. Les termites mangeaient les traverses. Les vents violents ramenaient des pierres sur la voie et tordaient les rails. Bref, on savait quand on partait mais on ne savait pas toujours quand on arriverait ! Cette voie de chemin de fer a donc été abandonnée au profit d'une autre, construite plus à l'ouest, à la limite du Grand Bassin Artésien, sur un terrain plus plat et plus sec. Il ne reste plus désormais de la « Ghan Rail Route » que les ruines de petites gares et des morceaux de voie ferrées.

 

Deux cents kilomètres séparent Wiliams Creek d?Oodnadatta mais la piste est vraiment jolie, alternant dunes de sable, plateaux surélevés, plaines rouges recouvertes de durs cailloux et veines d'eucalyptus le long du lit des rivières sèches. Au bout, Oodnadatta, grand village peuplé en grande partie d'aborigènes nous a accueillis avec sa grande «pink roadhouse », une maison rose bonbon qui fait office de station service, épicerie, café-restaurant, poste et musée. Il y a même une petite piscine dans le jardin. A l'intérieur, de vieilles photos jaunies montraient l'activité du village du temps où la gare était en service, l'arrivée du train, les dromadaires. Depuis que la ligne a fermé, c'est plutôt calme !

 

Nous avons poursuivi sur une très mauvaise piste à travers le « painted desert », petits monts colorés qui s'élèvent en plein milieu d'une vaste plaine. J'ai bien cru qu'on ne rejoindrait jamais la route goudronnée qui nous attendait de l'autre côté entre les creux, les bosses, les gros cailloux et le sable. Il faut dire aussi qu'on n'avait qu'une petite voiture de tourisme et pas un gros 4X4 comme ont quasiment tous les gens du coin! Heureusement, on a enfin débouché et on a pu filer sur la longue route droite croisant pour la première fois des « road trains ». Ce sont de longs camions qui transportent des marchandises. Ils peuvent traîner quatre remorques les unes derrière les autres et mesurer jusqu'à 53m. Même s'il n'y a pas grand monde sur les routes, mieux vaut ne pas avoir à les doubler ! Le paysage a défilé bien plus vite. Le soleil descendant faisait rougeoyer la terre et les différentes verts des plantes ressortaient encore plus. Les dunes se découpaient sur le bleu vif du ciel. C'était assez superbe.

On s?est arrêté dans un petit camping de roadhouse et on s?est dit toute la chance qu'on avait de vivre ces moments-là ensemble tous les cinq ! Un peu d'autosatisfaction ne nuit pas et même les choses évidentes sont parfois bonnes à dire !

 

Le lendemain, on a enfin atteint Uluru. Pas tout à fait, en réalité, car le complexe hôtelier est situé à une dizaine de kilomètres de la montagne sacrée. Le « resort » se fond dans le paysage. Les bâtiments sont bas, leurs murs sont couleur terracotta ou sable. Une variété de grands eucalyptus au tronc blanc poussent à côté de palmiers et d'autres plantes verdoyantes. Des voiles blanches triangulaires sont tendues entre des poteaux pour offrir un peu d'ombre aux touristes. Il y a des patios avec de petites fontaines, des pelouses ombragées, des allées couvertes. Pour une fois, c?est vraiment réussi. Bien sûr, il parait que les prix des hôtels sont exorbitants. Nous, nous sommes allés au camping et ça allait très bien. Il y avait une piscine et plein de petits lapins ! Comme il ne risquait pas de pleuvoir ce jour-là, ni la semaine qui a suivi, on n'a pas mis le double toit de la tente et on s'est endormi en regardant les étoiles à travers la moustiquaire. On avait vraiment l'impression de dormir à la belle étoile dans le désert, c'était assez chouette!

 

Uluru, qui avait été appelé Ayers Rocks par les colons, est un site aborigène sacré. C'est un bloc de grès orange qui se dresse en plein milieu du désert. On ne voit en fait qu'une partie du bloc car une grande partie continue sous terre. De loin, il parait lisse mais il est en fait plein de trous et de failles que les aborigènes expliquent par des histoires de serpents et de lézards magiques. On a fait un petit tour en bas du rocher mais on ne l'a pas gravi car les aborigènes considèrent le fait de monter dessus comme un sacrilège. Ce qui est étonnant, c'est que ça n'est, malgré tout, pas interdit par les autorités du parc, c'est juste une demande dont ne tiennent pas compte nombre de touristes. Le bloc prend différentes couleurs selon le moment de la journée. Il passe du marron au violet. Le meilleur moment pour le voir est le coucher du soleil car la montagne sacrée devient alors rouge-orange vif. La « sunset viewing area » se remplit d'autocars de touristes (en grande majorité allemands) à ce moment là mais il n'y a plus personne au pied du bloc !

 

Une trentaine de kilomètres plus à l'ouest, se trouvent les monts Olgas, moins connus mais pourtant aussi beaux. Ce sont de gros blocs orange de conglomérat cette fois-ci (c'est-à-dire que c'est un mélange de gros galets et de sable qui s'est solidifié avec le temps) qui sortent de la terre comme des têtes de pierre. Les aborigènes appellent ce site « Kata Tjuta » qui signifie « plusieurs têtes ». « The valley of wind » est une superbe balade qui passe entre les blocs immenses. Il a fallu se lever tôt pour éviter la grosse chaleur mais ça valait le coup!

 

Continuant le circuit traditionnel, nous sommes ensuite allés à Kings Canyon, retrouvant au passage les mêmes campeurs qu?à Uluru. « Encore un canyon ! » ont ralé les filles ! Mais Kings Canyon, ça n'est pas n'importe quel canyon. Vu d?en bas, rien de plus, mais lorsqu'on monte en haut de la falaise, on se trouve face à un paysage lunaire de petits monticules stratifiés et érodés. L'empreinte des vaguelettes d?une ancienne mer peu profonde est fossilisée. Dans les failles poussent des arbres. L'eau qui tombe parfois reste emprisonnée dans la roche et forme des petites piscines naturelles où des palmiers bleutés se développent. Cet endroit s'appelle « le jardin d'Eden » et il porte bien son nom.

 

Bien sûr après tant de beaux paysages, il a bien fallu se résoudre à reprendre la route vers le sud sans quoi, de proche en proche, on allait remonter jusqu'à Darwin. On est donc redescendus d?une traite de 800km, mais 800km ici, ce n'est pas comme en France. Il n'y a quasiment pas de voiture, il n'y a pas de ville à traverser. En gros, il n'y a rien, ça va plus vite! Comme la route est toute droite, on peut facilement s'occuper, Marine et Lucille ont donc fait des maths et Iris a dessiné des kangourous pendant que je tapais le texte du blog. Il n'y a que Jean-Charles qui a trouvé ça un peu longuet car les paysages le long de cette route sont très très monotones !

En milieu d'après-midi, on est arrivés à Coober Pedy, la ville de l?Opale. Ville, c'est un bien grand mot. On pourrait la qualifier de non-ville. Les abords sont truffés de petits monticules de terre et de trous comme si des milliers de taupes avaient creusé des milliers de galeries et rejeté la terre à l'extérieur. On rentre ensuite dans la rue principale qui se résume à quelques petits commerces puis, il n'y a plus rien. En fait, à bien y regarder, il y a des entrées de maisons ça et là dans la roche. Comme il peut y faire plus de 50°, les mineurs se sont creusés des maisons souterraines dans le grès. Ils ont parfois fait fortune en même temps car ils ont trouvé un filon d'opale, une drôle de pierre précieuse aux reflets multicolores. Ainsi 70% des maisons sont enterrées. Le reste est un paysage sec et blanc, écrasé de soleil, où quelques aborigènes enivrés zonent en recherchant des coins d'ombre.

Le matin, nous avons visité un petit musée sous-terrain de la mine dont le but était entre-autre de vanter la rareté et la beauté de l'opale pour en expliquer le prix exorbitant ! L'opale est en fait constituée de cristaux de silice et de molécules d?eau qui se sont agencées en pyramide si bien que selon la manière d'orienter la pierre, la lumière est renvoyée différemment et semble prendre toutes les couleurs de l?arc en ciel. Ce qui est intéressant c'est que la silice s?est aussi déposée sur des coquillages ou des ossements et les a fossilisé. Ainsi, les mineurs ont-ils trouvés sans le vouloir des squelettes fossilisés de « plesiosaur » un drôle d'animal préhistorique qui vivait là du temps où la mer recouvrait cette partie d'Australie. Après le musée, nous sommes allés nous enfoncer dans une autre galerie sous-terraine où se trouvaient des ordinateurs et une connexion internet (chose assez rare par ici !). On s'est donc installés pour y mettre à jour le blog. A côté de nous, un couple de belges flamands faisait exactement la même chose. Nous les avons ensuite retrouvés autour de la piscine du camping à l'heure où tout le monde va faire trempette en attendant qu'il fasse moins chaud. Nous avons donc longuement échangé nos expériences de voyage. Gunter et Tamara nous ont bien fait rire en nous racontant leurs aventures. Ils sillonnent l'Australie pendant cinq mois et ont descendu la côte ouest, dont tout le monde nous parle comme étant la plus sauvage. Ca donne envie de revenir par ici une prochaine fois !

 

Les heures chaudes passées, nous sommes allés faire un tour aux « breakaways ». C'est un petit groupe de montagnes sablonneuses surplombées d'un plateau fait de roches plus dures qui ne se sont pas érodées. Les couleurs ocre des monts ressortent au coucher du soleil, d'autant que le paysage autour est tout plat, recouvert de roches volcaniques rouges et noires très anciennes. Cet environnement lunaire a servi de décor pour un « Mad max » et, dans un autre genre, pour « Priscilla, folle du désert ».

Juste à côté, on retrouve l'immense « dog fence » qui semble être assez efficace. Au nord, il y a le bétail et les dingos ; au sud, il y a les petits moutons sans défense.

 

Le lendemain, grosse étape à nouveau ! Nous avons quitté le désert pour rejoindre Port Augusta, 500km plus au sud. Sur la route, nous avons fait une petite pause dans la roadhouse d'un petit village désolé où un panneau indiquait : « Glendambo : Altitude 150m, Population : Habitants 30/ Moutons 22500/ Mouches 2millions »

Quelques heures plus tard, nous visitions le très intéressant « Wadlata Outback Center ». C'est un grand musée interactif qui explique tout sur l?Outback : sa conquête par les aventuriers un peu fous du XIXème siècle, l'installation des familles de pionniers qui pensaient s'implanter sur des terres fertiles mais qui ont vu leurs espoirs balayés par la rigueur du climat, la construction du « Ghan », le train mythique de l'outback, l'implantation du télégraphe et des « Flying Doctors », l'importance de la mine, les contes aborigènes, les animaux, bref, tout ! C'était vraiment passionnant et on y est resté un bon moment !

 

Nous avons ensuite continué la route plus au sud et bifurqué sur un paysage plus vallonné, rempli de vignes vertes et de petits villages proprets. La « Clare Valley » est réputée pour ses vins. Nous l'avons traversée à l'heure où le soleil décroit et illumine les coteaux. Quelques grands kangourous gris sortaient le bout de leur nez. Nous avons encore roulé jusqu'à une autre région vinicole très connue ici, la « Barrossa Valley » et c'est à la tombée de la nuit que nous sommes arrivés à Tanunda, un village de la vallée aux allées bordées de hauts palmiers (un peu style Mission Cléopatre !). Ca ne faisait pas très naturel mais c'était joli quand même dans le ciel crépusculaire.


Contrastant avec le désert qu'on avait quitté le matin, on a donc dormi le soir dans une verte campagne.
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Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /Nov /2006 02:35

Après les stations balnéaires de la côte Est, nous avions envie de contrées sauvages et de parcs naturels. C’est pourquoi, à peine arrivés à l’aéroport d’Adélaïde, nous avons filé en direction du parc des Flinders Ranges, une chaîne de montagnes plus au nord. Longeant pendant des kilomètres et des kilomètres de grands lacs salés asséchés et des champs de céréales naines qui n’avaient pas eu assez d’eau pour pousser, nous avons atteint Hawker, un petit village très très calme au sud du massif des Flinders. Une dame souriante nous a accueillis dans son Family Park, un camping ombragé. Des lézards de la taille d’un gros saucisson aux épaisses écailles se déplaçaient mollement dans les allées. Ces gros lézards ont la particularité d’avoir la langue bleue, ce qui leur vaut le nom de « blue tongue lezard ». On a pris un peu de temps pour travailler ou dessiner (c’est selon) à l’ombre de ce qui servait de cuisine. On s’est étalé un peu, il n’y avait personne, on avait le camping pour nous!

Aux environs de Hawker se trouvent plusieurs grottes où on peut observer des peintures aborigènes. Nous sommes allés en visiter, un peu gênés par des mouches idiotes qui ne piquent pas mais cherchent à se poser sur les yeux, la bouche, les narines, bref, qui sont super enquiquinantes! Il faut soit apprendre à être zen (option possible quand elles ne sont pas trop nombreuses), soit se cacher le visage derrière un foulard ou un filet anti-mouches pour ne pas devenir fou. Heureusement, elles ne sont pas partout car sinon ce serait vraiment pénible. De nombreux kangourous lézardaient à l’ombre des frêles arbres et des myriades de galahs (sorte de cacatoes) qui picoraient je ne sais trop quoi se sont envolées à notre arrivée, nous dévoilant leurs jolies plumes roses.


015WilpenaCave
Vidéo envoyée par jcbetrancourt

Les peintures aborigènes ont des motifs très simples représentants les pattes d’émeus, les traces des kangourous, un serpent, le camp des hommes… Leurs dessins racontent souvent des histoires un peu magiques. Les Flinders par exemple sont des montagnes qui ont été formées après que deux serpents géants ont avalés tous les hommes d’un camp et se sont endormis repus en formant en cercle. C’est vrai que le massif forme une sorte de nid arrondi avec des monts tout autour.

Dans le parc des Flinders Ranges, nous nous sommes installés à Wilpena, le village central du parc d’où partent plein de balades. Il y avait là un « resort », petit complexe hôtelier assez classe où chacun peut choisir son hébergement mais où tout le monde a accès à la piscine, bienvenue vue la température. Même plus au nord, en plein désert, on a été étonné de trouver de belles piscines dans un pays où le manque d’eau est criant. C’est qu’en fait, l’eau utilisée pour les remplir est salée. Elle provient d’un bassin sous-terrain gigantesque : le Grand Bassin Artésien. Cette eau est alcaline et salée avec des composés dissous de sulfate et de chlore. Elle n’est pas bonne à boire sauf dans certaines villes touristiques où elle est filtrée et « désalinisée » (mais le procédé coûte cher et donc est rare !) Cette eau n’est pas bonne non plus pour irriguer les cultures mais elle sert néanmoins pour le bétail et pour la toilette, ce qui explique qu’après dix jours de douches à l’eau salée on se retrouve avec des cheveux secs comme de la paille! Si vous nous voyez revenir avec des dreadlocks vos saurez pourquoi !

Tout ce massif est assez génial car il possède une faune énorme. Il y a des kangourous et des émeus avec leurs petits de partout, quelques moutons aussi et des chèvres sauvages. On a joué à celui qui compterait le plus de kangourous, en évitant toutefois d’en renverser avec notre voiture. Ils n’ont, en effet, malheureusement pas bien intégrés la notion de routes et traversent inopinément, ce qui explique le nombre énorme de carcasses qui gisent sur le bord. La journée, ils se reposent tranquillement à l’ombre des arbres car malgré l’aridité, il y a quand même pas mal de verdure et les eucalyptus suivent le lit des cours d’eau asséchés.

Un peu plus au nord du parc, une piste serpente dans les « Brachina Gorges ». C’est un voyage dans le temps. En effet, une partie du massif est vieille de 800 millions d’années. Les roches qui datent de cette époque sont dues aux limons qui se sont déposés. En ce temps-là, pas d’organismes complexes, les seuls êtres vivants étaient des bactéries aux fonctions simples. En descendant les gorges, d’autres roches datent de 540 millions d’années, qui marque à peu près la limite entre le précambrien et le cambrien, époque où les premiers petits animaux à coquilles ont commencé à se développer. Avec un peu de chance, on peut donc apercevoir quelques fossiles de trilobites (genre de vers préhistoriques).


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Vidéo envoyée par jcbetrancourt

Petits rappels géologiques : il y a 800 millions d’années, l’Australie appartenait à un supercontinent appelé « la Pangée ». Autour de -200 millions d’années, celle-ci s’est séparée en deux énormes morceaux. Le premier morceau s’appelait « le Gondwana » et était constitué de l’Australie, l’Antarctique, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique, Madagascar, l’Amérique du sud, ainsi que l’Arabie et le sous-continent indien. Le deuxième morceau comprenait le reste et s’appelait « Laurasia ». Il y a 150 millions d’années le Gondwana s’est disloqué et l’Australie a définitivement quitté l’Antarctique. Des changements successifs de climat ont fait se succéder les périodes glaciaires et les périodes chaudes. La mer recouvrait alors une partie du continent et une végétation tropicale s’était développée ici, dans ce qui est maintenant un désert sec et chaud.

Tout ça pour dire que les roches qui composent ces gorges sont incroyablement anciennes!


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Une piste chaotique nous a ensuite menés jusqu’à Blinman, un village devenu fantôme suite à l’arrêt de l’exploitation de la mine de cuivre. Toute l’Australie est en effet très riche en minerais. On y trouve quantité de mines de tout (opales, cuivre, uranium, nickel, cobalt, charbon, fer etc...) Certaines mines de la région ont été abandonnées mais d’autres sont encore en activité comme Leigh Creek où on exploite le charbon à ciel ouvert, Coober Pedy réputé pour ses mines d’Opale et Olympic Dam, qui a ouvert assez récemment et dont l’usine extrait et produit chaque jour d’énorme quantité d’uranium, de cuivre, d’argent et d’or, rien que ça !

A Blinman, il ne reste plus grand-chose mais il y a quand même un café. L’ambiance est un peu celle de « Bagdad Café » avec plaque rouillée qui grince dehors à cause du vent. A l’intérieur, les murs sont recouverts des cartes de visites poussiéreuses des gens de passage. Nous n’avons pas laissé la notre et sommes repartis jusqu’à la fin de la piste, à Arkaroola, dans un parc naturel d’une grande richesse géologique. On y a vu les restes d’une activité volcanique très ancienne, les puits d’une vieille mine de cuivre et une superbe falaise d’ocres dont les couleurs allaient du jaune au violet.

A Arkaroola, il y a encore un mini-resort avec piscine salée et les filles ont pu barboter à loisir dans une eau super chaude. C’est arrivé à ce point que nous avons décidé, plutôt que de redescendre vers Adélaïde comme nous l’avions initialement prévu, de remonter encore plus haut pour nous rendre, en territoire du nord, à Ayers Rock-Uluru la montagne sacrée aborigène, emblème de l’Australie. Peut-être avons nous été gagnés par les esprits des anciens aborigènes qui planent dans l’intérieur du pays comme nous l’avait prédit une vieille dame un peu folle croisée aux Blues Mountains ! Peut-être nous sommes nous juste dit qu’on ne reviendrait pas ici de sitôt et qu’on n’était pas à quelques centaines de kilomètres près, même si, à bien y regarder, il nous en restait encore un bon millier à parcourir avant de rejoindre ce site. Vaille que vaille, les filles étaient partantes, nous avons donc rempli nos bouteilles d’eau de pluie et sommes repartis sur les pistes du désert en écoutant à tue tête les deux seuls disques qu’on avait sous la main et que Marine avait eu la bonne idée de s’acheter à Sydney: James Blunt et Gorillaz. Bon, c’est sûr qu’à la vingtième écoute on sature un peu mais c’est mieux que rien sur les longues routes droites vu qu’il n’y a pas beaucoup de radio qui émettent dans le désert !


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Vidéo envoyée par jcbetrancourt

Seul détail qui avait échappé à notre enthousiasme, nous étions dimanche et lorsque nous avons traversé Leigh Creek, ville minière un peu plus importante que les autres, tout était fermé. On comptait s’y ravitailler mais on n’a pas trouvé âme qui vive, on a donc poursuivit notre chemin sur cent kilomètres avant d’atteindre le village suivant. Maree, c’est son nom, est une bourgade perdue en plein désert. Il y faisait une chaleur étouffante (42°) et on est rentrés se mettre au frais dans un petit bar qui faisait aussi office d’épicerie et de station service. Les gens du coin nous ont vivement conseillés de ne jamais partir sur les pistes sans dix litres d’eau au moins. A partir d’ici, impossible de remplir nos bouteilles d’eau de pluie, il n’en est pas tombé une goutte depuis avril dernier (C’est à dire il y a sept mois !). On s’est donc acheté une grosse poche d’eau de source et un vieux papy adorable a offert une canette de coca à chacune des filles, pensant leur faire plaisir. Pas de chance, aucune des trois n’apprécie trop le goût et même si elles l’ont remercié poliment, elles ont eu du mal à le boire. Il faut croire qu’elles n’étaient pas si assoiffées que ça ! On a même dû insister car malgré tout, on doit bien reconnaître au coca quelques vertus, il est riche en sodium et évite la déshydratation.

On a repris la piste pour 200km. A la sortie du village, on a traversé la « Dog Fence », une barrière barbelée qui s’étend sur des milliers de kilomètres et qui a pour but d’empêcher les dingos (chiens sauvages) du nord de venir dévorer les troupeaux de moutons élevés plus au sud. La piste s’est mise à longer le bout d’un grand lac salé, le lac Eyre. C’est un lac immense puisqu’apparemment, il ferait la superficie de la Hollande ! Il parait qu’il se remplit parfois à la suite de gros orages car il est en dessous du niveau de la mer et les petits ruisseaux bien plus au nord se déversent tous dedans. Le soleil faisait scintiller le sel. La vaste étendue blanche étincelait, contrastant avec le ciel sombre au loin qui annonçait que le temps allait se gâter !


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Vidéo envoyée par jcbetrancourt

Quelques dizaines de kilomètres après, on a quitté la piste principale pour aller observer de hauts monticules de terres où l’eau du Grand Bassin Artésien affleure. Comme il y a de l’eau, il y a de la vie. Plusieurs sortes de plantes et même quelques fleurs poussent ici, en plein désert. On appelle ces plantes « le saltbush » car elles se sont adaptées à la chaleur et au sel.

C’est après avoir retrouvé la grande piste que la lumière du soleil descendant a commencé à devenir étrange, voire apocalyptique. Des rafales de vent violent se sont alors mises à balayer le sable orangé et de gros nuages de poussière se sont abattus sur la route. No stress à l’intérieur de la voiture, on se sentait bien à l’abri et on regardait presque amusés les spectaculaires tourbillons du vent. Par chance, on approchait de l’endroit où nous pensions camper, un minuscule hameau de douze habitants. C’est là que la tempête de sable s’est renforcée et on ne voyait presque plus la piste. On a juste eu le temps de lire le panneau du village qui indiquait « Williams Creek the taste of the outback », le goût de l’arrière pays. Ok, c’est bon, on a eu un aperçu de ce que pouvait être la vie ici ! Deux secondes après, on s’est retrouvé dans une bourrasque de sable et là, on ne voyait plus rien du tout. Heureusement, dans un village aussi petit, on n’a pas eu de mal à trouver l’hôtel (oui, on avait définitivement oublié l’idée de camper !)

L’hôtel en question était une « roadhouse » typique avec un pub et quelques chambres derrière. On s’est rué à l’intérieur en se cachant les yeux pour éviter de se prendre plein de sable dans la figure car le vent était vraiment violent. D’autres personnes avaient trouvé refuge dans le bar. La décoration était un peu la même qu’à Blinman avec quantité de cartes de visites jaunies punaisées sur les murs, photos dédicacées, collection kitch de tout et n’importe quoi, le tout recouvert d’une fine couche de poussière orangée. Ambiance… N’empêche qu’on était bien contents d’être à l’abri car le vent dehors continuait de plus belle. On a commandé des petits « meatpies », grande spécialité australienne, au kangourou et à l’émeu. Ce n’était pas terrible mais les filles, qui avaient faim, ont trouvé ça bon !

Trois aviateurs avaient atterri là avant que la tempête ne forcisse trop et devaient attendre que le vent se calme pour repartir. C’est assez courant de se déplacer en avion vu les distances délirantes à parcourir entre chaque point et de nombreux fermiers de l’outback possèdent leur petit avion. Une flotte de « Flying Doctors » avait d’ailleurs été mise en place aux alentours de 1925 pour venir secourir les populations qui habitaient dans le désert. Les gens les appelaient au moyen d’une radio à pédale et ils venaient en avion de leur plus proche dispensaire! Leur flotte fonctionne encore de nos jours mais ils ont abandonné la radio à pédale !

Le repas avalé, on a rejoint notre chambre. Elle était basique mais on a pu prendre une douche (salée) pour enfin se dépoussiérer et on s’est endormi en entendant siffler le vent. Il a d’ailleurs continué une bonne partie de la nuit et c’est là qu’on a vraiment réalisé qu’on avait eu de la chance d’arriver ici au moment où il n’était, de toute façon, plus possible d’avancer. On avait bien failli passer la nuit dans la voiture !


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Vidéo envoyée par jcbetrancourt
Par joce - Publié dans : zantipodes
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